Immaculée : Sydney Sweeney brille dans un conte d’horreur visuellement époustouflant mais prévisible

Rating: 2 out of 5.
Sydney Sweeny dans Immaculée, Michael Mohan, 2024.

Révélée au grand public par Euphoria puis propulsé au rang d’actrice de premier rôle avec Anyone but You sorti plus tôt cette année, Sydney Sweeney propose une version aussi sage que violente dans le film d’horreur Immaculée de Michael Mohan. Situé dans un strict couvent de la Provence italienne, Cecilia, une Américaine venue consacrée sa foi pour Dieu aux plus faibles, se retrouve peu à peu emprisonnée au sein d’une communauté qui ne lui veut pas forcément son bien.

Loin de la métropole, le couvent gardé par le cardinal Franco Merola s’écarte le plus possible des commodités technologiques. Les pièces et les repas tenus sont éclairés à la bougie, et le décor nous laisse nous perdre dans un espace vieux de plusieurs siècles, seules quelques ampoules allumées partiellement nous ramènent à une époque contemporaine. Cette clarté pour les grands espaces laisse donc la place à la caméra de Michael Mohan et sa directrice de la photographie Elisha Christian pour remplir le cadre de grands ornements dans ces scènes religieuses. À la grandeur presque picturale, Immaculée s’admire par des scènes lentes et contemplatives dans des décors qui laissent place aux couleurs. Mais à l’inverse, le film nous plonge dans le noir dès que la menace tourne autour de Cicilia, Mohann ne nous octroie souvent qu’une bougie comme simple source, alimentant donc l’épouvante au moment venu. Ces scènes bénéficient également d’une lenteur qui nourrit notre impatience et notre crainte, alors que l’agitation et les grincements tournent autour de Cecilia. La dimension sonore du film joue un grand rôle dans ces scènes. Supervisés par Bryan Parker, les sons et bruitages semblent tourner autour de Cecilia et amplifient notre sentiment d’enfermement « Tous les grincements de porte que l’on entend dans le film sont des grincements réels qui ont été captés sur le plateau. Il y a une réelle spécificité et une ancienneté dans la façon dont ils sonnent ».[1]

Immaculée est en premier lieu un film qui joue sur la réputation et le visage de son actrice. Toujours parfait et souriant, l’actrice a tout pour plaire et séduire, et c’est justement le but de Mohan et Sweeney qui transforment au fil de son récit son actrice en fille parfaite venant de Boston, à une religieuse couverte de sang et d’envie de vengeance. L’actrice dit d’ailleurs à Variety « J’aime découvrir des endroits que je ne savais pas pouvoir exploiter, repousser les frontières et les limites de ce que les gens attendent de moi. »[2] Si la prestation de Sydney Sweeney se veut juste, c’est la structure du récit autour d’elle qui fait défaut. Très vite, Immaculée tombe dans les bruits assourdissants inopinés, jump-scare et autres convenances des films d’horreur reposant souvent sur ces seuls éléments pour attirer les foules. Pourtant, le film tient à garder le cap sur son histoire qui, si on lui enlevait ces éléments d’horreur bas de gamme, pourrait se révéler séduisante. À jouer trop souvent l’horreur spectaculaire grand public, Mohann perd l’horreur psychologique qui était toute la force de son long-métrage. Qui aurait pu délivrer un film de type slow-burn au ton effrayant. Si Immaculée garde sa beauté technique et son atmosphère angoissante, il perd en revanche ce qui faisait son charme, envouté par les facilités du genre horrifique.

Les personnages se succèdent autour de Cécilia, de son arrivée dans le couvent à sa découverte des maléfices qui y prennent place. Inoffensifs et dévoués à la religion dans leurs apparences, les occupants se transforment rapidement en monstre. Mais à l’exception du Père Sal Tedeschi (Alvaro Morte), les sœurs et patients du couvent sont utilisés pour le bien du récit puis exécutés, abandonnés hors champ.  C’est pourtant là que réside la matière horrifique d’Immaculée, dans la relation et l’histoire entre l’établissement et ses patients.  C’est dans cette couche diégétique supplémentaire que Get Out va puiser sa terreur, malheureusement, le film de Michael Mohan reste en surface sur ce point.


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