
Durant cette dernière décennie, M. Night Shyamalan à réussi à prouver à Hollywood (et lui-même) que son terrain de jeu idéal était les films à moyen budget thriller/épouvante. Cependant, si Shyamalan continue de garder un rythme stable d’un film tous les deux ans, la qualité de ses films a tendance à varier.
Emmenant sa fille au concert de son artiste préféré, Cooper (Josh Harnett) comprend rapidement que la quantité de polices sur place n’est pas simplement pour la sécurité, mais pour venir le chercher.
Si le réalisateur n’a pas de pâte technique reconnaissable, il en a assurément une scénaristique. TRAP n’échappe pas à la règle et se conforme dans le film à concept mystérieux. Emmené par Josh Harnett, le film prouve les points forts, et faibles de Shyamalan.
Il est tout d’abord un plaisir de voir Josh Harnett dans un rôle comme celui-ci au vu du résultat. Oscillant entre père lambda et tueur sociopathe, Harnet se montre remarquable lorsqu’il est question de montrer les deux parties de son personnage à la caméra et au spectateur. Sa performance est aidée par d’ingénieuses idées de Shyamalan pour intensifier son personnage. En passant par des discussions en regards caméra, de gros plans proches du visage ou des plans statiques sur son regard, le réalisateur utilise tous les outils dans sa besace pour nous vendre son tueur.
Si Shyamalan arrive à nous vendre son personnage, c’est moins le cas pour son script. Entaché par des dialogues et une facilité parfois trop lisible, le scénario manque par moment de finesse et devient donc prévisible. Des phrases clés se retrouvent prononcées bien trop facilement et annoncent à l’avance les intentions de Cooper. TRAP oublie d’ailleurs parfois ce qu’il a installé avec des personnages ou des contextes narratifs plus tôt. De plus, on aimerait en savoir plus sur notre personnage, au-delà de quelques interactions. Néanmoins, TRAP regorge d’idées visuelles pour garder notre attention, du ratio de l’image à un plan à double focus, Shyamalan utilise au maximum son décor principal et sa caméra pour que le lieu soit toujours intéressant et nous faire ressentir que l’étau se resserre autour de notre personnage. Mais une fois de plus, on peut reprocher au réalisateur de trop en montrer et de ne pas pouvoir se retenir de nous dévoiler un élément important.
TRAP confirme les attentes que l’on peut avoir d’un Shyamalan moderne. Un concept accrocheur emmené par un bon casting, et porté par une réalisation toujours de qualité. Mais l’écriture du cinéaste est une nouvelle fois ce qui empêche le film de fonctionner à pleine puissance. Heureusement pour Shyamalan, Josh Harnett arrive à puiser assez de choses dans son personnage pour porter la narration malgré ses défauts.




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