The Arctic Convoy : Un Drame de Guerre en Haute Mer qui Navigue entre Tension et Profondeur Emotionnelle


Rating: 3.5 out of 5.
Tobias Santelmann as Mork in The Arctic Convoy, Henrik Martin Dahlsbakken, 2023.

Seulement un an après son film à succès Munch en 2022, le réalisateur danois Henrik M. Dahlsbakken revient avec un film de guerre en pleine mer entre des convois norvégiens et l’aviation allemande dans The Arctic Convoy.

À l’été 1942, alors que la guerre fait rage entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie, le ravitaillement militaire est essentiel afin de poursuivre le combat. Parmi ces chemins de ravitaillement se trouvent les convois maritimes. Effectués par des navires non militaire et occupé par des civils à l’extérieur de guerre minime.

The Arctic Convoy montre très vite qu’il souhaite faire grand avec peu, avec seulement 7M d’euros de budget, il donne l’impression d’être fait avec cinq fois plus d’argent. Sa séquence d’introduction, très efficace, met en avant les deux dynamiques de personnages au sein du navire, celui des deux commandants Mork (Tobias Santelmann) et Skar (Anders Baasmo Christiansen)  et celui de l’équipage avec Johan (Adam Lundgren) et Sigurd (Jon Ranes) et montre également l’enjeu principal du film, la survie face aux attaques allemandes.

Au fil de l’isolation du navire du convoi et face aux attaques ennemies, les jours s’additionnent alors que le navire s’enfonce de plus en plus loin en territoire dangereux, suscitant des tensions dans le commandement ainsi que dans l’équipage, qui arrive au bord de la mutinerie. Bien que The Arctic Convoy donne lieu à des séquences d’action, Henrik M. Dahlsbakken met au centre de ses enjeux le dilemme de l’engagement dans le conflit chez les civils norvégiens. Alors que le pays, pris de cours par l’Allemagne, n’a pas tenu et s’est envahir. Il en vient à chacun de choisir de s’engager ou non, de poursuivre le combat malgré les conséquences. Le courage face à la raison, le devoir face à la logique.

Commanders Mork and Skar with radio assistant Ragnhild, The Arctic Convoy, 2023.

Néanmoins, The Arctic Convoy a des difficultés à trouver son ton dans son montage. Souvent trop pressé dans ses scènes dialoguées, où les changements de plans incessants pourraient être remplacés par des plans larges. Il trouve un terrain satisfaisant lors des scènes d’attaques allemandes, où le rythme du montage redescend pour installer une tension dans l’attente d’une attaque d’un avion nazi. Durant ces séquences, Dahlsbakken semble emprunter avec parcimonie l’idée de l’horloge en fond sonore de Dunkirk, qui trouve parfaitement sa place ici sans être trop utilisé.

Mais alors que les relations entre nos personnages sont installées et ont un poids dramatique. The Arctic Convoy s’arrête trop tôt, laissant en plan ses personnages et ses intrigues maintenant que le navire semble être hors de danger. On aurait aimé en savoir plus sur la relation de nos personnages jusqu’à ce que le navire arrive à bon port. Il est assez rare que des films de guerre aient un aspect humain aussi central à l’intrigue, le laisser s’arrêter si brutalement semble donc d’autant plus déstabilisant.

Si The Arctic Convoy rencontre quelques problèmes de parcours et semble s’arrêter avant d’arriver pleinement à son but, on retrouve des relations fortes entre certains personnages et des questionnements pertinemment abordés autour de l’engagement moral et physique des civils dans la guerre. Presque anti-spectaculaire, Dahlsbakken privilégie l’humain sur l’action et une confrontation finale trop héroïque. Tout en proposant des séquences sous haute tension.

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