Terminator Zero: L’adaptation animé de la franchise chez Netflix peine à trouver son allure et son intensité.


Rating: 3 out of 5.
The Terminator, Terminator Zero, Netflix, 2024.

Alors qu’on la pense finalement enterrée, la saga Terminator trouve toujours le moyen de revenir sur nos écrans. Cinq ans après l’échec de Dark Fate au cinéma, la franchise passe cette fois du côté du streaming avec ce Reboot/Adaptation en animé dans Terminator Zero.
La série se base sur deux timelines, avec d’un côté, 1997, où l’on suit Malcolm Lee et ses enfants alors que le père s’apprête à libérer une puissance Intelligence Artificielle (Kokoro) afin de redonner la paix à la Terre. Puis de l’autre, 2024, où la guerre entre Skynet et les humains règne, réduisant les humains sous terre pour se protéger des machines. Envoyée dans le passé pour empêcher Malcolm de libérer Kokoro, Eiko se retrouve rapidement face au Terminator, lui aussi envoyé dans le passé.

Pour tous les reproches que l’on pourra faire à la série par la suite, mieux vaut commencer par les bons points. C’est un plaisir de voir la saga enfin sortir de son territoire américain pour s’installer dans une autre culture, au Japon. Bien que l’intégration de la société nipponne aurait pu être davantage travaillée, voir l’enjeu d’une guerre sur un autre paysage que le continent américain est toujours positif. Également, la franchise sort enfin de son cycle sans fin avec John Connor en introduisant de nouveaux personnages. Néanmoins, Terminator Zero ne nous donne pas beaucoup à nous mettre sous la dent. Caractéristique du bourreau de travail, Malcom Lee semble bien plus préoccupé par son invention que ses enfants, qu’il confie à Misaki. Restant durant la quasi-entièreté de la série enfermé dans sa bulle avec son IA Kokoro, le fait d’enfermer Maclolm – le personnage principal et centre de l’histoire – dans une salle sans qu’il n’en sorte pendant que les autres combattent le Terminator sans comprendre ce qu’il se passe donne à de multiples reprises un décalage parfois dérangeant. Alors que les épisodes s’enchainent et que les enfants, Misaki, et Eiko échappent de peu à la mort, Malcolm discute du sens de la vie et fait des siestes. À vrai dire, Terminator Zero semble piétiner dans ce jeu de chat et la souris et peine à trouver son pied d’appui pour se lancer pleinement avant l’épisode 5. Ce n’est donc qu’après la moitié de la série que les informations, réflexions et décisions apportent de réels impacts directs sur le monde. Les personnages discutent enfin entre eux et cessent de courir, se dévoilent aux autres – parfois à eux-mêmes pour le cas de Misaki – et le monde autour d’eux commence à être bouleversé par les actions de Kokoro et Skynet. Positionné comme personnage secondaire au début, Misaki devient progressivement un des personnages centraux de la série lorsque [SPOILER] elle découvre être un cyborg après une altercation avec le Terminator. Dès lors, son personnage devient beaucoup plus introspectif et touche des thèmes intéressants comme la nature de son existence, sa personnalité, ses émotions. Mentionnée plus tôt, cette seconde moitié de la série trouve son intérêt et notre attention alors que l’étau se resserre entre les enfants, Misaki, Eiko et Malcolm. Chaque personnage a droit à son petit bout d’histoire – évidemment lié à tout le récit – afin de terminer sur un épisode final globalement satisfaisant, mais qui se complait trop dans des flashbacks révélateurs.

Malcolm, talking to Kokoro, his powerful AI, Terminator Zero, Netflix, 2024.

Visuellement, Terminator Zero n’est pas dans sa meilleure forme et la scène d’introduction nous le montre directement. Bien que les visages de nos protagonistes et les textures du Terminator soient correctes, l’environnement autour d’eux semble souvent plat, ou assez fade. Il faut dire que les visuels ne sont pas aidés par un design sonore qui manque d’intensité, les tirs et fracas manquent de prononciation, pendant que de nombreuses scènes ne sont que silence et bruits de pas. Une ambiance sonore qui fonctionne, quand elle est appliquée au Terminator, mais pas pour tous les autres personnages. Les difficultés visuelles de la série prennent leur importance lors de séquences majeure comme la première interaction entre Malcolm, Misaki, Eiko et le Terminator. Sans pour autant avoir à rajouter beaucoup d’effets de style, il est clair que cela manque de dynamisme dans l’animation. Plus tard, le Terminator abat l’entièreté d’un commissariat à la recherche des enfants, et cela nous laisse de marbre. Pourtant, Terminator Zero ne lésine pas sur le gore et la violence pour montrer la puissance de la machine. Les bras sont coupés, les torses percés et les têtes arrachées. Mais on a l’impression que ce que la série n’arrivait pas à trouver en énergie, elle l’a compensé en violence. Mais cela ne donne qu’une violence habituelle, qui n’impressionne pas. Il manque cette sensation d’urgence dans la succession des séquences, des poursuites entre le Terminator et les enfants de Malcolm. Un sentiment qui tend à se dissiper à partir de la moitié de la série, mais bon…, il faut attendre la moitié.

Terminator Zero a de bonnes idées entre les mains, mais peine à les exprimer pleinement et rapidement. Et il faut passer sur plusieurs défauts pour se laisser convaincre par son histoire, des visuels très ternes et une écriture qui n’a seulement que quelques épisodes de gloire. Difficile de dire si cela est suffisant pour faire revenir les fans déçus de la franchise, ou aux novices de faire le grand saut vers cet univers.

Terminator Zero Official Teaser Trailer

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