
Lorsque les premiers crédits nous informent que l’histoire qui suit est inspirée d’une histoire vraie – bien que fictionnalisée – on se dit qu’il y a aura quelque chose d’intéressant. Malheureusement, ce sentiment ne dure pas très longtemps. Pour son premier film, Austin Peters essaye de trouver dans Skincare une esthétique classe au sein d’un film profiler, mais malgré quelques trouvailles visuelles, le côté écriture ne suit clairement pas assez pour convaincre.
Le premier plan est surement ce qui fait de mieux pour le reste du film. En commençant avec un gros plan sur le visage de Hope Goldman (Elizabeth Banks), un travelling arrière nous faire découvrir plusieurs miroirs et notre personnage dans une ambiance pesante. À ce moment, on se dit que tout cela commence bien, en ayant la sensation de regarder un De Palma. Invité sur un plateau TV, Hope vend ses produits de soins de peau et fait la promotion de son prochain grand coup, sa marque personnelle de soin. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’un nouvel institut de soin s’installe juste en face de celui de Hope, dirigé par Angel. Dès lors un nombre d’évènements va mettre en péril la marque de Hope, qui va rejeter de plus en plus de soupçons sur Angel.

Les trente premières ont le mérite d’installer une ambiance et des questions sur la suite des évènements. Peters exploite le matérialisme et la superficialité des quartiers riches hollywoodiens pour installer plusieurs personnages potentiellement liés à l’affaire. Chacun prétend être de très bons amis, mais sous une bonne dose d’hypocrisie. Si Elizabeth Banks tente d’être le plus sympathique et bienveillante, la superficialité et la fausse bonne humeur de son personnage – rajouté par de grands sourires – trouve très vite ses limites. Mais qu’en est-il d’Angel dans tout ça ? Eh bien, pas grand-chose justement. Alors que Hope tente de l’espionner depuis son magasin en le regardant prendre ses clients habituels et grandir son business, nous ne savons pratiquement rien de lui. Et c’est là que git le problème principal de Skincare. Malgré les efforts de Austin Peters de nous faire des plans la nature sournoise d’Angel (ce qui devient rapidement ridicule), nous savons largement avant Peters que Angel n’est pas la source de ses troubles. En réalité, nous comprenons rapidement qui est derrière tout ça, mais Peters préfère faire durer le suspense à travers diverses sous-intrigues qui se révèlent être plus inutiles les unes que les autres. Au final, une fois le premier tiers du film passé, nous attendons juste la fin pour avoir notre dénouement final.
Esthétiquement et visuellement, Austin Peters avait une idée plus intéressante entre les mains, mais elles n’ont plus aucune saveur lorsqu’elles sont emmêlées dans des incohérences scénaristiques et du développement de personnages approximatif. Skincare tente de reprendre son style utilisé durant son introduction dans un final très Sunset Boulevard. Mais là où Wilder avait un scénario béton et un personnage prodigieusement écrit pour nous faire attendre ce final, cela ne donne pas plus de sens à l’intrigue chez Peters.
On aurait été tenté de penser qu’un scénario adapté d’une histoire vraie donnerait du cachet à Skincare. Mais malgré quelques bonnes idées visuelles, il se révèle rapidement être thriller mystère tout ce qui il y a de plus classique.




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