
Après avoir porté à l’écran son concept à succès avec Sans un Bruit, et l’établir comme une franchise horrifique au large succès commercial avec Sans un Bruit 2, John Krasinski passe le flambeau à Michael Sarnoski pour réaliser le spin-off centré sur les premiers jours de son univers apocalyptique avec Sans un Bruit: Jour 1.
Le titre étale de lui-même le contexte, l’arrivée surprise depuis l’espace des monstres et le commencement d’une nouvelle vie silencieuse. Le choix de l’emplacement de l’histoire, New York, permet un commentaire intelligent avec une ville dont le bruit est constant. C’est dans ce broua que se retrouve en ce jour fatidique Sam. Joué par Lupita Nyong’o vu notamment dans Us de Jordan Peele, l’actrice porte dans ses yeux la terreur et l’effroi ressenti devant des évènements si violents. En plein Manhattan, elle se retrouve au cœur de l’attaque, dans un chaos de fumée, de poussières et de morts, l’imaginaire du 11 septembre revient très vite en tête tant le chaos et la confusion que présente la caméra et les personnages sont présents. La prémisse et le titre du film semblaient inviter à une découverte de la raison de leur arrivée, de ce que ces créatures recherchent. Pourtant, une fois les premières séquences d’horreur passées, il est clair que nous revenons dans les situations similaires aux deux premiers films, les créatures sont là, ne pas faire de bruit et survivre. De ce côté, Sans un Bruit: Jour 1 semble être une opportunité manquée.

Dans son aventure pour rechercher un dernier instant de bonheur dans un monde tombant en ruine, Sam rencontre Eric, joué par Joseph Quinn. Malgré un développement de personnage qui aurait gagné à être étoffé, surtout dans le cas de Eric. Le duo qui se forme au fil du film parvient, souvent sans prononcer de mots, à travers des regards et des signes, à construire un tandem dramatique effectif jusque dans sa dernière scène. Joseph Quinn et Lupita Nyong’o sont toujours juste dans leur interprétation et réussissent, grâce à des gestes et petites attentions, à nous prendre par les sentiments par moments.
Bien que la formule horrifique mélangeant silence et bruit ait prouvé son efficacité dans les deux premiers films, elle commence à montrer ses limites et sa répétitivité dans Sans un Bruit: Jour 1. La dynamique de silence/bruit puis attaque semble perturber le rythme de l’histoire et du film, qui semble parfois s’arrêter le temps d’une séquence de 10min d’horreur avant de reprendre son fil. Même si ces scènes ne sont pas filmées avec une créativité novatrice, Michael Sarnoski joue avec les éléments de décors et de particule comme la fumée, permettant de dissimuler partiellement les créatives alors que chaque bruit compte. Si Michael Sarnoski propose un récit touchant avec ses personnages, le cinéaste manque une occasion de développer l’univers de John Krasinski au-delà des deux premiers films. Malgré quelques idées intéressantes dans sa mise en scène, l’utilisation de New York et du premier jour de l’arrivée des créatures ne semble pas poussée assez loin pour justifier son titre.




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