Monkey Man : Les débuts explosifs de Dev Patel mêlent action brutale et profondeur culturelle


Rating: 4 out of 5.

Après de nombreux mois passés balloté entre différents studios et une incertitude sur sa sortie, Monkey Man, la première réalisation de Dev Patel, viens nous prouver toutes ses capacités dans un film violent, riche et bluffant de créativité

Dev Patel est présent à tous les niveaux dans la création du film, réalisation, scénario, script, production puis devant la caméra. Ce qui en lui-même est une prouesse et démontre de la capacité de Patel à faire tenir ce type de projet à presque lui seul. Dès ses premières séquences, il est clair que Monkey Man prend l’avantage du fait qu’il s’inscrit au sein d’une longue lignée de films d’action du même acabit. Par le biais de subtil flashback et de traque, Dev Patel nous fait comprendre qu’il installe une revenge story. Nos connaissances du genre permettent au réalisateur d’accélérer le rythme et de passer rapidement les étapes d’introduction. Prenant place en Inde, la corruption des élites et les écarts de classe sont le terrain politique dans lequel notre tueur va s’immerger. Des quartiers pauvres aux sans-abri dormant à même le sol aux soirées abondantes de luxure, l’ennemi de notre Bobby n’est pas qu’un seul homme, mais un système dont il représente une des pièces maitresses. Patel prend le soin de fortifier cette architecture politique tout au long du récit grâce à des morceaux de journal télévisé ou autres échantillons de phrase entendue par notre protagoniste.

De cette connaissance du genre d’action, Patel en tire tous les profits possibles. Monkey Man fonce à toute vitesse sans jamais s’arrêter, la caméra est toujours en mouvement, le plus souvent à l’épaule. Les séquences de combat sont brutales, sans merci et utilisent à leur maximum l’environnement et les décors. Mais Patel sait aussi que nos attentes et en profite pour les retourner ou jouer avec elles, le tout dans le but de construire la séquence dans une autre direction. Monkey Man est personnel, dans son récit comme dans l’envie de son réalisateur de dépasser les clichés du genre. La violence des affrontements est exacerbée par une caméra qui suit en temps réel chaque impact ou lacérations au couteau. La chorégraphie de la caméra de Sharone Meir est même souvent une partie intégrante de ces combats, si un homme est balancé par-dessus une table, vous pouvez être surs que la caméra va y passer aussi. Patel témoigne d’une ingéniosité dans son cadre, sa composition et ses effets visuels et prouve une créativité rare pour un genre aussi visité que le cinéma d’action, et pour une première réalisation. Monkey Man se laisse toutes les possibilités dans son style visuel, grimpe de branche en branche sous le coup d’une impulsion, mais sans jamais perdre le spectateur.

Pourtant, dans cette course effrénée, Dev Patel impose à son film de prendre le temps pour s’imprégner du monde et de la culture dans laquelle il s’inscrit. Les croyances, la religion et la spiritualité forment une partie intégrante, fondatrices de Monkey Man. Elles en sont la source de la tragédie de notre héros et les seuls principes qui lui permettent de rester en vie et de se reconstruire physiquement. Omniprésente par ces peintures, statues et chants, cette culture donne au film une consistance et une cohérence à son univers. Et nous fait comprendre qu’il n’est pas question de la vengeance d’un seul homme seulement, mais d’une communauté oubliée, sacrifiée par un gouvernement corrompu.

Dev Patel sait dans quel genre s’inscrit son film et est parfaitement au courant de son public et de leur attente pour à chaque instant les dépasser. Monkey Man est brutal, sale, dans une course constante pour renouveler sa créativité visuelle et technique.

Leave a Reply

Trending

Discover more from The Other Look

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading