MaXXXine : Ti West clôt sa trilogie avec un thriller sanglant sous les lumières de Los Angeles



Rating: 3 out of 5.
Mia Goth as Maxine Minx, MaXXXine, Ti West, A24, 2024.

Troisième volet de la trilogie horrifique de Ti West après Pearl et X en 2022, MaXXXine retrouve son héroïne Maxine Minx plusieurs années après le massacre de ses amis dans le Texas dans un Los Angeles des années 80 en proie à un serial killer.  Malgré son succès dans le monde des films pour adultes, cela ne suffit pas à Maxine qui désire plus que tout réaliser son rêve d’être une star de cinéma, mais alors qu’elle s’apprête à enfin avoir sa gloire, le passé de Maxine ressurgit. Si les deux premiers opus de la trilogie — réalisés en même temps durant la pandémie en 2020 puis sortis consécutivement en 2022 — ressemblaient à un intelligent assemblage de deux récits liés, MaXXXine figure plutôt comme une culmination vers un dénouement final.

Une nouvelle fois, la grande force de cette trilogie réside dans une mise en scène qui sait s’adapter à l’époque dans laquelle sa narration se déroule. Si X était une plongée dans le genre thriller/Slasher type Massacre à la Tronçonneuse des années 70, MaXXXine reprend les codes qui faisaient les succès de 1985 : les films d’horreur de série B, les giallos italiens ainsi que les films de détective. De ce dernier genre, Ti West utilise la ville de Los Angeles pour en faire un élément central à la manière de William Friedkin avec To Live and Die in L.A. ou Tarantino avec Once Upon a Time in Hollywood. La ville californienne et l’obsession de la réussite de Maxine donnent au film une dimension bien plus large que les deux précédents. Mais ce que l’œuvre gagne en magnitude, elle le perd en horreur. Car MaXXXine est davantage un thriller aux crimes gore qu’une œuvre purement horrifique. Cela n’enlève cependant rien à la puissance de ses scènes sanglantes, filmées avec beaucoup de maitrise et de respect pour les genres qu’elles honorent, et qui donneront aux fans d’horreur plusieurs plans qu’ils garderont en mémoire.

Kevin Bacon en John Labat dans MaXXXine, Ti West, A24, 2024.

Dans ce détour hollywoodien, MaXXXine renouvelle son casting avec Elizabeth Debicki (Elizabeth Bender), Kevin Bacon (John Labat) ou encore Giancarlo Esposito (Teddy Knight). Tous ces personnages délivrent une bonne interprétation, piquant notre curiosité et nous donnant envie d’en savoir plus sur eux, de les découvrir au-delà de l’histoire de Maxine. Au point même où l’on demande parfois si les personnages secondaires de MaXXXine ne sont pas plus intéressants que l’héroïne principale. Mia Goth délivre une nouvelle fois une bonne interprétation dans son personnage, mais qui se trouve souvent affaiblie par la passivité de son personnage. Bien que Maxine s’exprime par quelques démonstrations, respectivement au début et à la fin du film, elle est bien trop souvent au service d’éléments ou personnages extérieurs.

Les évènements de X contribuent toujours à une charge mentale conséquente pour Maxine et Ti West utilise ces souvenirs pour infuser de l’effroi dans la personnalité intrépide de sa protagoniste. Malheureusement, malgré une scène asphyxiante particulièrement réussie faisant écho aux traumatismes de Maxine, certains des concepts du cinéaste ne semblent pas aller au bout de leurs idées comme l’utilisation des décors de Psychose II. Toutefois, MaXXXine trouve sa conclusion en retrouvant ce qui fait les thèmes de deux premiers films, dans une effusion de sang libératrice pour Maxine.

Avec MaXXXine, Ti West dresse un portrait lugubre et malade de Los Angeles, une terre d’opportunités comme de dangers où Maxine navigue intrépidement. Le tout dans une mise en scène éclatante. Alors que Pearl et X jouaient l’économie avec des décors identiques et des narrations confinées, MaXXXine conclut la trilogie avec un film plus large, travaillé, non sans défauts, mais qui a le mérite de donner à Maxine la lumière et qu’elle désirait tant.

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