Late Night with the Devil : Quand le Found Footage Ressuscite à l’Écran


Rating: 4 out of 5.

Tel une créature démoniaque, le genre du found footage a été prononcé mort plus d’une fois depuis ses grands débuts dans les années 90. Pourtant, certains éclats d’originalité prouvent que le genre arrive encore à nous surprendre et être pertinent. Late Night with the Devil est l’un d’eux.

De l’esprit des frères réalisateurs Cameron et Colin Cairnes, Late Night with the Devil prend pour thème la popularité nationale des interviews et talk-show dans les années 70. L’hôte Jack Delroy (David Dastmalchian), en perte d’audience, est décidé à jouer avec les esprits pour une soirée spéciale Halloween dans l’espoir de retrouver son audimat par du sensationnelle.
La force première de Late Night réside avant tout dans son engagement à garder son concept jusqu’au bout. Tout du long, le jeu des caméras, des pauses publicitaires et du public garde une pression sur nos épaules et ne nous quitte jamais. Le refus des frères Cairnes de nous montrer un autre décor que celui du plateau TV et de ses maigres coulisses participent également à cette ambiance pesante. Si bien que Late Night with the Devil semble parfois être en plan séquence alors que ce n’est pas le cas.
Également, le film profite d’une très bonne distribution de rôle avec ses personnages, ayant chacun une personnalité et un apport psychologique sur le public et nous. Carmichael Haig (Ian Bliss) constitue un élément presque aussi fondamental que Jack Delroy, en appuyant constamment son scepticisme à la situation. En d’autres termes, il est notre trouillomètre, et c’est au moment où celui-ci bascule que nous prenons peur. En parlant des acteurs, il est impossible de ne pas mentionner Ingrid Torelli (Lilly) qui se montre grandiose dans son rôle de la jeune fille possédée, avec une superbe maîtrise de sa voix, sa gestuelle et ses regards.

On pourrait reprocher à Late Night with the Devil d’oublier de se pencher sur certains aspects de ses personnages, de leurs histoires et de vouloir en connaître un peu plus. Mais c’est aussi dans cette simplicité que réside la qualité du film, dans le principe de s’en tenir au concept et de ne jamais lâcher, malgré la gêne, le ridicule ou l’horreur qui arrive sur le chemin.
Inévitablement, les frères Cairnes dressent un portrait très lugubre de la TV, avec son obsession de l’audimat, peu importe le prix. Mais c’est aussi un bon exemple de comment le sensationnelle attire notre esprit. Après tout, le concept du talk-show horreur du film est ce qui fait son originalité et attire notre curiosité. Il y a une sorte de doubles jeux entre la quête maladive et malsaine des producteurs de télévision pour toujours plus d’audience, et notre désir répugnant de voir l’interdit sous nos yeux ébahis.

De par son originalité et son exécution, Late Night with the Devil se trouve être terriblement efficace. Il réussit non seulement à nous convaincre de son concept par ses plans ingénieux mais aussi à nous envelopper dans une ambiance de plus en plus malsaine. Jusqu’au bout nous sommes accrochés à notre TV, tel un spectateur fasciné par ce qu’il se passe en direct devant lui.

Late Night with the Devil – Official Trailer

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