Halloween Kills : Quand Michael Myers se Transforme en Pantin


Rating: 2 out of 5.

Cela dure depuis 1978, depuis 40 ans, Michael Myers est de retour à chaque Halloween dans les foyers du monde entier. Véritable classique intemporel du cinéma d’horreur et emblème du Slasher, Halloween représente à lui seul les gloires et les dérives du genre, un masque et un personnage connu de tous, et des suites et reboot aux qualités aléatoires connues de … moins tous. C’est toujours la même question quand un nouveau film Halloween est annoncé, encore un autre navet prolongeant une franchise déjà bien trop épongée ? Ou un vrai renouveau ? 

Le reboot d’Halloween en 2018 avait laissé quelques espoirs, une esthétique plus soignée, un budget plus important et surtout, l’arrivée de BlumHouse, James Wan et de son Conjuring Verse qui ont relancés un goût de la mise en scène dans les films d’horreur. Universal avait compris ça et c’est avec bonheur qu’elle relance donc la machine Halloween dans le but d’en refaire (encore) une trilogie; toujours avec John Carpenter en producteur pour tenter de rassurer les fans si tenté que l’on croit encore que cela a un quelconque impact. 

Tout ça c’est bien mais il y a généralement un problème, quand Universal a exposé son plan de cette nouvelle trilogie, ils avaient le début, la fin, mais le milieu dans tout ça ? 

Halloween Kills reprend directement la ou le dernier nous avait laissé, la maison en feu et Michael “piégé” à l’intérieur. Mais c’est sans compter les pompiers qui se dirigent vers la maison pour éteindre ce feu, ces pompiers qui se feront massacrer non sans panache par un Michael Myers sortant des flammes tel un Terminator du 31 Octobre. S’en suit donc une chasse à l’homme de la population vers Michael Myers qui sera rythmé par des meurtres que notre cher Boogeyman s’amusera à effectuer au cours de son chemin. 

On pourrait se dire que Halloween Kills se démarque par le fait que ce n’est plus Michael qui chasse mais nous qui chassons Michael. (Non.) Les moindres tentatives de chasse faites par la population se soldent par un échec cuisant dans un bain de sang et de violence graphique parfois inutile tant elle est futile. Cette population qui n’a, en 40 ans d’existence, apparemment toujours pas compris qu’un simple coup de batte dans le dos ne suffit pas à le tuer. Disons-le assez clairement, Halloween Kills ne fait pas peur, tout est assez classique, attendu et déjà vu. La mise en scène se contente du minimum pour un genre horrifique et pour créer un semblant de surprise. Il est même étonnant de noter que la seule partie pouvant faire sursauter est celle où Michael court subitement pendant une fraction de seconde. C’est assez contraire à ce qui fait l’essence du personnage mais eh, un sursaut est un sursaut donc on prend ce qu’on peut. 

Visuellement, on reprend ce qui marchait dans le dernier film, James Gordon Green n’est pas un James Wan et il le sait mais on a tout de même droit à quelques plans esthétiquement intéressants avec parfois  des jeux de couleurs avec le rouge. Halloween n’a jamais été le terrain de mise en scène particulière, elle est à l’image de Michael Myers, sobre et lente. 

Autre particularité de cet épisode contrairement au dernier, Laurie (Jamie Lee Curtis) n’est pas au centre réel de l’histoire puisqu’elle passe 90% du temps dans un hôpital. Ce qui nous mène au vrai problème du film, c’est qu’il n’a rien à dire de cohérent, on observe un désir de rébellion et de vengeance aveugle de la population envers Michael qui, comme le scénario, ne sait pas où aller. Il faudra attendre les 15 dernières minutes pour qu’un plan soit finalement exécuté. C’est là le noyau du problème de ce film, quand nous arrivons à la moitié du film, on comprend bien que ce qu’il s’installe lentement et laborieusement n’a pas pour but d’être montré dans ce film, mais dans le prochain.Nous savons tous que, quel que soit le plan exécuté dans ce film, il ne sera pas montré ou ne marchera pas, parce qu’il faut bien un troisième film. Ce qui est montré en 1h46 pourrait se faire en 40 minutes. Pour le coup, le film porte bien son titre, on suit bien Michael tuer un nombre assez élevé de personnes au cours de sa longue et lente route, pendant que le reste des personnages se parlent afin de constituer ensemble ce que sera Halloween III.

Le film subit donc les volontés d’un studio voulant absolument en faire une trilogie même s’ils n’ont pas assez de matériaux. Michael Myers est déplacé par Universal tel un pantin d’un point A à un point B, uniquement pour satisfaire le spectateur de scènes sanglantes. On se retrouve face à un épisode filler d’une série qui veut nous faire patienter avant le final. 

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