
Au vu du nombre de franchises ravivées ces derniers temps, il est assez étonnant de voir qu’il a fallu attendre près de 20ans pour qu’un nouveau vrai film Garfield sorte sur les écrans. Après un premier film en 2004, Garfield, ayant donné deux suites en 2006 et 2007. Le personnage du chat paresseux et mangeur a trouvé son public à la télévision avec The Garfield Show avec 5 saisons entre 2008 et 2015. Avec cette nouvelle adaptation, Sony Pictures fait revenir le personnage dans un univers animé, à l’esthétique similaire aux studios concurrents comme Universal et Illumination. Mais dans le processus de se montrer sous sa plus belle animation, Garfield perd tout ce qui le rend spécial.
Ce nouveau film est l’occasion de revenir aux bases du personnage pour en développer un pan inexploré, sa famille, et ici plus particulièrement son père, Vic. L’introduction du film est l’occasion d’y montrer ce qui fait l’essence du personnage une fois qu’il est adopté par Jon Arbuckle. Fainéant, obèse et antipathique. Mais une fois le montage de présentation du personnage passé (ressemblant davantage à une compilation de gags de bande-annonce qu’autre chose), le personnage se lisse progressivement afin de devenir un personnage comme un autre.
Une fois parti dans l’aventure en compagnie de son père et Odie sous la pression de Jinx, Garfield devient une version lisse de lui-même. Il garde son renfrognement habituel, mais perd sur le chemin sa nonchalance, son égoïsme. Pendant que Odie, bien qu’une version améliorée du personnage, ne fournit pas grand-chose de plus. Délaissé du reste de l’aventure, Jon passe la plupart du temps chez lui à s’inquiéter pour ses animaux. Mais sans jamais être d’une quelconque utilité. Rapidement, les choix scénaristiques et de personnages apportés par Sony pour Garfield : Héros Malgré Lui donnent un film assez fade et non inspiré, qui se perd dans une multiplication d’exposition pour chaque personnage et enjeu dramatique.

Le studio n’est pas spécialement plus créatif lorsqu’il est question de l’aspect visuel. Détaillés pour ses personnages, les décors autour d’eux semblent manqués de textures et de détails. Si cela pouvait s’incorporer au style cartoon de la série télévisée, cela créer une étrange combinaison avec l’esthétique détaillée des personnages. Bien que quelques gags arrivent à nous avoir, Garfield : Héros Malgré Lui peine à trouver des situations qui ne soient pas déjà vu, aussi bien dans ses dialogues que dans ses visuels. Alors que la dynamique Père/Fils donne lieu à des échanges et scènes parfois drôle et touchante, elle peine à passer à l’étape supérieure pour vraiment avoir un enjeu. À plusieurs reprises, le film tente de trouver son inspiration dans des succès comme Le Chat Potté : La Dernière Quête mais sans jamais essayer de donner quelque chose de nouveau par-dessus. Ce qui résulte au final en une pauvre imitation.
La prémisse de Garfield : Héros Malgré Lui avait quelque chose de prometteur, en jouant sur les origines du personnage pour construire une aventure et ajouter un personnage dans l’entourage de Garfield. Mais cela est fait en déshabillant le personnage de tous ses attributs principaux. Si Sony ajoute quelques arguments visuels pour être plaisant à regarder, le reste semble bien trop insipide pour nous séduire.




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