
Après avoir repris le contrôle de sa franchise durant les années 2010 avec Prometheus et Alien: Covenant, Ridley Scott repasse de nouveau le flambeau de sa franchise à un réalisateur avec Fede Alvarez afin qu’il y exerce sa vision. Situé 20ans après les évènements du premier Alien, un nouvel équipage fait face aux xénomorphes dans Alien: Romulus. À bord d’un vaisseau alors inconnu, réceptionnant un rocher mystérieux dans l’espace, une équipe de scientifiques récupère pour des tests le xénomorphe envoyé dans l’espace par Ripley des années plus tôt. Plusieurs années après, un groupe de jeunes cherchant à fuir la planète Jackson font un arrêt sur cette station alors abandonnée.
Dès ses premiers plans, il est clair que Alvarez est dans l’optique d’une suite hommage du premier. En reprenant les mouvements de caméra et des décors similaires voir identique, le réalisateur introduit toutefois des éléments novateurs à la franchise à travers son récit. La multiplication des facehugger, grimpant et sautant dans les couloirs en poursuivant nos protagonistes, des expérimentations sur les xénomorphes et leur métabolisme parfait ou encore l’utilisation plus poussée de l’acide composant les créatures. Malgré cela, on peut sentir une aura presque sacrée du premier film pesant sur Alvarez, qui n’arrive jamais à s’extraire complètement de son film modèle. Si Romulus tente d’emprunter d’autres couloirs pour nous effrayer, le chemin global donne au final une impression de déjà-vu.
Parmi l’équipage devant affronter cette nouvelle armée de xénomorphes, Rain (Cailee Spaeny) et Andy (David Jonsson) — l’androïde ayant pour fonction de veiller à son intérêt — partagent des moments touchants et personnels, mais n’arrivent jamais à développer une réelle connexion. Si l’introduction du film peint le décor d’un avenir meilleur sur la planète Yvaga en fuyant l’autoritarisme industriel de la planète Jackson, difficile de se projeter au-delà de ça. Néanmoins, Alvarez touche un thème pertinent avec Andy et la présence d’un androïde au côté de nos protagonistes. Amplifié par la très bonne performance de David Jonsson.
Heureusement, le film profite d’une photographie et de décors à la hauteur de nos espérances et rend l’expérience jamais déplaisante à regarder. Alvarez retrouve l’atmosphère angoissante et silencieuse son film référence tout en ajoutant une dynamique plus proche d’Aliens. L’utilisation d’animatronique et d’effets spéciaux se marie parfaitement pour un résultat révérencieux tout en sachant être moderne.
Pour des spectateurs n’ayant pas connaissance du premier Alien, Alien Romulus sera sans aucun doute une très bonne expérience horrifique. Mais si par malheur il vous arrive de regarder l’Alien de Ridley Scott avant de voir Romulus, la ressemblance paraitra d’autant plus flagrante. Malgré de nombreux éléments novateurs — surtout dans les possibilités de l’univers Alien — et une réalisation techniquement impeccable, Romulus a du mal à s’extraire du simple hommage pour se constituer sa propre personnalité. L’expérience n’est jamais mauvaise, mais elle manque toujours un petit quelque chose pour se démarquer et réellement nous avoir.




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